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Histoire de la vigne dans les Cévennes
textes : Pierre Galet

 

..................La culture de la vigne dans les Cévennes fut profondément modifiée par l'introduction accidentelle des maladies et parasites de la vigne, en provenance des Etats-Unis, au cours du 19eme siècle. Les modifications ont étés :

  • d'une part qualitatives, car on abandonna certains cépages traditionnels au profit d'hybrides américains, plus ou moins résistants aux maladies ;
  • d'une part quantitatives, par la destruction quasi-totale de l'ancien vignoble, établi avec des cépages français locaux et le reconstitution partielle d'un nouveau vignoble, faisant appel soit à des cépages français plus productifs, soit à des cépages hybrides franco-américains ou américano-américains.

Au début du 19ème siècle, les idées nouvelles, propagées par la révolution et les encyclopédistes, ainsi que la participation de volontaires français à la guerre d'Indépendance d'Amérique, ont permis d'attirer l'attention sur les cépages américains, observés dans les Etats de la côte atlantique. C'est Michaux, Directeur du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, qui rédigea, en 1803, la première Flore Nord-Américaine, dans laquelle il décrivit plusieurs espèces de Vignes, comme V. riparia, V. cordifolia, V. aestivalis, V. rubas et V. rotundifolia . L'oïdium fut la première maladie, importée en Europe et dans le Gard ; des dommages importants apparurent en 1853 et 1854, réduisant de 50% la récolte (641.000 hls en 1853 contre 1.286.000 hls en 1851). Pour combattre cette maladie, les viticulteurs importèrent des cépages américains résistants : Isabelle, Concord, sans se douter qu'ils amenaient un autre parasite autrement redoutable : le Phylloxera, dont les premières manifestations se produisirent en 1863 à Pujaut, près de Roquemaure, sans que le parasite fut identifié. C'est seulement le 15 juillet 1868 que la Commission d'enquête, constituée par Planchon, Bazille et Sahaut, découvrit le parasite responsable : un puceron nommé par Planchon : Phylloxera Vastatrix.

En quelques années tout le département fut atteint et en 1862 il ne restait plus que 17.409 vignes dont 3.442 ha des vignes françaises n'ayant produit globalement que 378.552 hl. On essaya de lutter dans certains vignobles par la submersion des vignes durant l'hiver à condition de disposer de l'eau à volonté (à proximité du Rhône), en cultivant dans les sables littoraux (Aigues-Mortes) défavorables à la progression de l'insecte ou en traitant les vignes au moyen du Sulfure de Carbone. Dès 1878, tout le département du Gard était déclaré phylloxéré et les Vignes américaines autorisées à circuler. Le Mildiou fut observé dans le département à partir de 1880 dans le vignoble d'Aigues-Mortes et provoqua rapidement des dégâts importants dans les Cévennes, région humide favorable au développement de ce champignon, ce qui contribua également à l'extension de la culture des Hybrides.

En 1958, au moment de l'établissement du Cadastre viticole, le département du Gard possédait 20.500 ha d'Hybrides pour une superficie totale de 89.807 ha, soit un pourcentage global de 22,8%, mais dans les Cévennes, ce pourcentage était beaucoup plus élevé, en raison de la fréquence des gelées de printemps et de pluviosité importante, favorable au développement des maladies. Les descendants de V. labrusca , donnant des raisins au goût particulier, rappelant la framboise, s'étant bien répandus : Isabelle, Concord, Clinton, Othello en noir et le Noah en blanc. On cultivait également des descendants de V. aestivalis , notamment le Jacquez et l'Herbemont. Tous ces cépages rustiques, ne demandant que peu ou pas de traitements anticryptogamiques, avaient la faveur des petits exploitants ou des particuliers ne cherchant à produire que leur vin de table. La loi du 24 décembre 1934 avait classé ces cépages dans la catégorie des « Cépages prohibés » et faisaient l'objet de déclarations de récolte particulières. Malgré ces dispositions légales, ces cépages se sont maintenus longtemps en culture et il reste encore quelques treilles isolées dans les Cévennes, notamment des vignes de Clinton ou de Jacquez . Actuellement, la culture des Hybrides est en forte régression et il en reste moins de 1.500 ha dans tout le département ; les vignes arrachées n'ont pratiquement pas été remplacées, ce qui a provoqué une forte diminution de la culture de la vigne, d'environ 20.000 ha.

 

Pierre Galet

Ingénieur agricole - Docteur en sciences - Maître assistant de viticulture ; Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier

 

Christian Catoire

Président du Centre de Pomologie La Mazière